Dans l’hypothèse où les socialistes auraient raison de donner plus de liberté aux cantons pour gérer les assurances maladie, devons-nous vraiment faire l’erreur d’une caisse cantonale ? C’est-à-dire, de créer dans chacun des 26 cantons une nouvelle administration qui fera le travail des assurances maladie, bien qu’il est évident que cette réforme nuira aux citoyens des grands cantons, tandis que les petits cantons se retrouveront à payer des primes moins importantes, comme c’est déjà le cas.

Il est vrai qu’il y a plusieurs raisons à l’augmentation des primes maladies que nous constatons tous chaque année. Tout d’abord, il y a le vieillissement de la population. Plus nous sommes âgés, plus nous requérons de soins. Puis, et la liste est loin d’être exhaustive, il y a les hôpitaux cantonaux qui réclament des moyens financiers considérables à leurs bons fonctionnements. Si bien que c’est sur ce second point que tout se joue à mon sens.

Sandro Patronaggio

En effet, les cantons ne possèdent pas, parmi les hôpitaux cantonaux ou hôpitaux dans lesquels les cantons détiennent une participation, toutes les spécialités médicales. Par ailleurs, les patients qui requièrent des prestations qui ne sont pas listées par leur canton doivent aller dans un autre canton pour se faire traiter. C’est ce qu’on appelle une « Convention intercantonale relative à la médecine hautement spécialisée ».

D’un côté, nous allons nous retrouver avec des primes moins chères dans des cantons offrant moins de prestations, de l’autre côté en revanche, nous aurons des primes plus chères dans les cantons avec des hôpitaux universitaires qui couvrent toutes les spécialités médicales. Ce qui conduira à amplifier ce phénomène.

Toutefois,​​​ je suis d’accord que notre système s’essouffle et qu’il faut trouver un procédé équilibré et juste pour tous. C’est pourquoi je trouve plus pertinent de créer une administration intercantonale qui regroupe toutes les spécialités médicales et plus cohérentes avec ce qui existe déjà avec la complémentarité mises en pratiques tous les jours par les cantons pour les soins des patients.

Pour conclure, j’espère que cette initiative socialiste restera dans son état embryonnaire autant sur sa réflexion que sur son issue politique.